À quoi ressemble une course de canot R9?

By 1 septembre 2016Non classé

Lorsque j’explique à mes proches ce qu’est le rabaska, plusieurs me demandent : « À quoi pensez-vous quand vous ramez sans arrêt pendant des heures? » En effet, du bord de l’eau, les rameurs de compétition semblent se livrer à un effort physique soutenu, et ce, pour une durée presque interminable. Voici donc un aperçu du déroulement typique des courses de canot R9.

Le départ, un moment excitant

Honnêtement, les départs de courses sont stressants! Nos rames entrent souvent en contact avec celles des canots R9 adverses. Et parfois, les bateaux qui se livrent une chaude lutte vont même jusqu’à s’entrechoquer. Tout le monde a envie de tirer son épingle du jeu dès le début de la course! Tout juste avant le départ, il est important que l’extrémité des rames soit déjà en contact avec l’eau pour une impulsion maximale. Un rabaska en arrêt est davantage enfoncé dans l’eau; les départs dynamiques et puissants permettent de « sortir le bateau de l’eau » afin de lui donner une bonne glisse, et ainsi, avancer efficacement.

À la Classique, le signal de départ est lancé au moment où se font entendre les dernières notes de l’hymne national et tous les rameurs appuient fort sur leur rame pour faire décoller leur bateau. Les coups de rame — tout comme le rythme cardiaque! — accélèrent rapidement afin de donner un bon rythme de croisière au canot R9.

Les premiers coups de rame

Après quelques secondes d’effort, on ressent déjà nos muscles à bout de force. Pourtant, ce n’est que le début d’un long marathon! Et avec 8 autres rameurs, on se doit de suivre la cadence pour assurer le synchronisme. Par la suite, heureusement, le rythme ralentit entre 65 et 72 coups de rame par minute afin qu’on puisse le maintenir pendant plusieurs heures. Le banc 1 amorce les changements, suivi des bancs 2, 3 et 4. Ces permutations nous permettent de reposer un côté de notre corps alors que l’autre travaille! L’équipe Gervais Auto a d’ailleurs capté l’un de leurs départs avec une caméra GoPro.

Pourquoi avons-nous l’air de « pagayer comme des fous » au départ? En fait, un rabaska génère de petites vagues en avançant, mais lorsque plusieurs embarcations s’engagent côte à côte, ces vagues se multiplient, de sorte qu’aucune équipe n’a envie de se retrouver dans un tel bordel!

Un effort à la fois physique et mental

Une fois le stress du départ passé, les rameurs entrent en mode « robot », à l’exception du barreur qui se doit d’être 100 % alerte en tout temps. Personnellement, cela me prend une quinzaine de minutes avant d’atteindre une force optimale dans mes coups de rame. Par la suite, mon mantra est le suivant : « chaque coup plus loin, chaque coup plus fort ». Cette phrase m’aide à demeurer constant et à éviter les coups de rame trop courts ou désynchronisés.

Une collation en pleine action?

Les courses sont habituellement longues en canot R9; il est donc extrêmement important de s’hydrater tout en ramant. En ce sens, le CamelBak (petit sac à dos contenant une pochette d’eau munie d’une longue paille) devient notre meilleur ami. On profite alors des changements pour prendre régulièrement une petite gorgée. Plusieurs canotiers apportent aussi une bouteille de Gatorade, ce qui permet de consommer du sucre (source d’énergie) tout en demeurant hydraté. Toutefois, cette source de glucide n’est pas suffisante pour les plus longues courses; il est donc préférable de manger des aliments plus consistants, comme une barre tendre.

Les portages en canot R9

Ce ne sont pas toutes les courses qui comprennent un portage. Mais lorsque c’est le cas, le moment est plutôt stressant, car les risques de blessures sont présents. De plus, tout se passe tellement rapidement; on ne veut pas perdre de précieuses secondes! Lorsque le bateau arrive au bord, les rameurs tentent de rester silencieux au cas où le barreur devrait donner des directives précises.

Voici une vidéo de l’équipe L’As du piano, où l’on voit certains portages lors de la Classique internationale de canots.

Les changements de rameurs

Une équipe de canot R9 comporte 9 rameurs à bord, comme son nom l’indique, mais peut en compter jusqu’à 14 au total. Les longues courses sont souvent ponctuées de changements entre les rameurs — attention de ne pas confondre les « changements » de rameurs avec les « changements » de côté à même le bateau! — pour permettre aux athlètes de reprendre leurs forces. De plus, ces brefs arrêts donnent l’opportunité aux ravitailleurs de réapprovisionner les rameurs en nourriture et en breuvages.

Dernier droit, on vide le carburant!

Personnellement, c’est dans les 40 dernières minutes d’une course que j’en profite pour appuyer davantage sur ma rame. Nul nécessaire d’accélérer le rythme pour aller plus vite; on garde le synchronisme, mais on augmente la puissance. Et croyez-moi, lorsqu’on voit la ligne d’arrivée, l’adrénaline est à son comble. On ouvre la machine et on met plein gaz!

La fin de la course

Malgré la compétition, les rameurs de canot R9 forment une belle grande famille et les équipes ne se retiennent pas pour s’encourager entre elles et féliciter les autres bateaux à leur arrivée. Une fois la course terminée, difficile de décrire le sentiment de fierté et d’accomplissement que l’on ressent. On tape dans la main de nos coéquipiers pour souligner le fruit de nos efforts. Une course ne se déroule pas toujours comme on l’aurait souhaité, mais le moment est aux réjouissances : les épreuves de canots R9 demandent un grand effort physique. Et s’il y a des points à améliorer, nous en reparlerons… avec une bonne bière à la main!

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